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Poème en hommage à l’ergothérapie : des mains blessées qui réapprennent la vie, guidées avec patience et douceur jusqu’à retrouver leur âme.
Une main blessée arrive, pliée comme un oiseau tombé du nid, doigts crispés, cicatrice encore rouge, elle a oublié la caresse et le geste.
L’ergothérapeute pose la sienne dessus, pas pour guérir d’un coup de baguette, mais pour réveiller la mémoire oubliée des tendons, des os, des nerfs endormis.
Avec de la pâte chaude, des élastiques, des planches à clous et des perles minuscules, elle redessine le chemin des mouvements, lentement, patiemment, presque en chuchotant.
Elle apprend au pouce à retrouver l’index, à la paume de s’ouvrir comme une fleur au matin, elle redonne au poignet sa danse silencieuse et au bras la fierté de porter à nouveau le monde.
Parfois c’est un enfant qui serre trop fort son crayon, parfois un pianiste qui pleure sur ses touches muettes, parfois une grand-mère qui veut tricoter l’hiver prochain ; l’ergothérapeute n’efface pas la douleur, elle la transforme en outil, en pont, en possible.
Et quand la main, un jour, se lève toute seule pour tourner la page, boutonner la chemise, ou simplement effleurer la joue d’un enfant, c’est la plus belle victoire qui ne fait pas de bruit.
Alors la main se souvient : elle n’a jamais été seulement une main. Elle est histoire, elle est lien, elle est vie. Et l’ergothérapeute, discrète, referme sa mallette et sourit : une main de plus a retrouvé son âme.

